: Sigmund Freud
: Psychopathologie de la vie quotidienne
: Booklassic
: 9789635256518
: 1
: CHF 0.10
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: Psychoanalyse
: French
: 182
: kein Kopierschutz
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: ePUB

Psychopath logie de la vie quotidienne est un ouvrage de Sigmund Freud, publié en 1901.


Freudétudie dans le premier chapitre le cas des oublis de noms propres :à partir de l'oubli d'un nom et sa substitution par d'autres noms, il fait la déduction que cette opération de substitution représentait un compromis entre ce qu'il avait oublié et ce dont il voulait se souvenir. Dans les chapitres suivants, il s'intéresse aux oublis de mots de languesétrangèr s, l'oubli de noms et de suites de mots et l'oubli d'impressions et de projets. Il s'intéresseégal mentà la façon dont un souvenir apparaît sous la forme substitutive d'un souvenirécran, lorsque son contenu se heurteà des résistances et ne peut apparaître comme tel. Un chapitre est consacré aux lapsus linguae, phénomène par lequel un mot est substituéà un autre. Freud développe l'idée qu'il s'agit d'un effet d'une perturbation induite par« l'intervention d'une idée refoulée». D'autres chapitres concernent les erreurs de lecture et d'écriture, les méprises et maladresses, etc. Freud estime, dans la dernière partie, qu'il existe« deux types de hasard» :« un hasard externe, liéà des causes qui n'appartiennent pas au domaine psychologique», et« un hasard interne dans lequel le déterminisme psychique joue un rôle central» : les actes manquésétant&la uo; le produit d'une intention inconsciente qui se substitueà une intention consciente».

2. Oubli de mots appartenant à des langues étrangères


Le vocabulaire usuel de notre langue maternelle semble, dans les limites du fonctionnement normal de nos facultés, préservé contre l'oubli. Il en est, on le sait, autrement des mots appartenant à des langues étrangères. Dans ce dernier cas, la disposition à l'oubli existe pour toutes les parties du discours, et nous avons un premier degré de perturbation fonctionnelle dans l'irrégularité avec laquelle nous manions une langue étrangère, selon notre état général et notre degré de fatigue. Dans certains cas, l'oubli de mots étrangers obéit au mécanisme que nous avons décrit à propos du casSignorelli.Je citerai, à l'appui de cette affirmation, une seule analyse, mais pleine de détails précieux, relative à l'oubli d'un mot non substantif, faisant partie d'une citation latine. Qu'on me permette de relater ce petit accident en détail et d'une façon concrète.

L'été dernier, j'ai renouvelé, toujours au cours d'un voyage de vacances, la connaissance d'un jeune homme de formation universitaire et qui (je ne tardai pas à m'en apercevoir) était au courant de quelques-unes de mes publications psychologiques. Notre conversation, je ne sais trop comment, tomba sur la situation sociale à laquelle nous appartenions tous deux et lui, l'ambitieux, se répandit en plaintes sur l'état d'infériorité auquel était condamnée sa génération, privée de la possibilité de développer ses talents et de satisfaire ses besoins. Il termina sa diatribe passionnée par le célèbre vers de Virgile, dans lequel la malheureuse Didon s'en remet à la postérité du soin de la venger de l'outrage que lui a infligé Énée :Exoriare…, voulait-il dire, mais ne pouvant pas reconstituer la citation, il chercha à dissimuler une lacune évidente de sa mémoire, en intervertissant l'ordre des mots :Exoriar(e) ex nostris ossibus ultor ! Il me dit enfin, contrarié :

– Je vous en prie, ne prenez pas cette expression moqueuse, comme si vous trouviez plaisir à mon embarras. Venez-moi plutôt en aide. Il manque quelque chose à ce vers. Voulez-vous m'aider à le reconstituer ?

– Très volontiers, répondis-je, et je citai le vers complet :

Exoriar(e) aliquis nostris ex ossibus ultor !

– Que c'est stupide d'avoir oublié un mot pareil ! D'ailleurs, à vous entendre, on n'oublie rien sans raison. Aussi serais-je très curieux de savoir comment j'en suis venu à oublier ce pronom indéfinialiquis.

J'acceptai avec empressement ce défi, dans l'espoir d'enrichir ma collection d'un nouvel exemple. Je dis donc :

– Nous allons le voir. Je vous prie seulement de me faire partloyalement etsans critique de tout ce qui vous passera par la tête, lorsque vous dirigerez votre attention, sans aucune intention définie, sur le mot oublié [1].

– Fort bien ! Voilà que me vient l'idée ridicule de décomposer le mot ena etliquis. – Qu'est-ce que cela signifie ? – Je n'en sais rien. – Quelles sont les autres idées qui vous viennent à ce propos ? –Reliques. Liquidation. Liquide. fluide. Cela vous dit-il quelque chose ? – Non, rien du tout. Mais continuez.

– Je pense, dit-il avec un sourire sarcastique, à Simon de Trente, dont j'ai, il y a deux ans, vu les reliques dans une église de Trente. Je pense aux accusations de meurtres rituels qui, en ce moment précisément, s'élèvent de nouveau contre les Juifs, et je pense aussi à l'ouvrage de Kleinpaul qui voit dans ces prétendues victimes des Juifs des incarnations, autant dire de nouvelles éditions, du Sauveur. – Cette dernière idée n'est pas tout à fait sans rapport avec le sujet dont nous nous entretenions, avant que vous ait échappé le mot latin. – C'est exact. Je pense ensuite à un article que j'ai l