: Thomas de Quincey
: Les Derniers Jours d'Emmanuel Kant
: Booklassic
: 9789635258536
: 1
: CHF 0.10
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: Erzählende Literatur
: French
: 36
: kein Kopierschutz
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: ePUB

Les Derniers jours d'Emmanuel Kant est uneœuvre de Thomas de Quincey publiée en 1854 dans sa version définitive.

J'ADMETS qu'on m'accordera d'avance que toutes les personnes de quelque éducation prendront un certain intérêt à l'histoire personnelle d'Emmanuel Kant, si peu que leurs goûts ou les occasions aient pu les mettre en rapport avec l'histoire des opinions philosophiques de Kant. Un grand homme, même sur un sentier peu populaire, doit toujours être l'objet d'une libérale curiosité. Supposer qu'un lecteur soit parfaitement indifférent à Kant, c'est supposer qu'il soit parfaitement inintellectuel ; en conséquence, même si en réalité il se trouvait ne point considérer Kant avec intérêt, il faudrait encore feindre par politesse de supposer le contraire. Ce principe me permet de ne point faire d'excuses à aucun lecteur, philosophe ou non, Goth ou Vandale, Hun ou Sarrasin, pour lui imposer une courte esquisse de la vie de Kant et de ses habitudes familières, tirée des rapports authentiques de ses amis et disciples. Il est vrai que, sans aucun manque de générosité de la part du public, les œuvres de Kant ne sont pas, dans ce pays, considérées avec le même intérêt qui s'est amassé autour de son nom. Et ceci peut être attribué à trois causes : premièrement au langage dans lequel ces œuvres sont écrites ; secondement à l'obscurité supposée de la philosophie qu'elles contiennent, qu'elle soit inaliénable ou due au mode particulier d'exposition de Kant ; troisièmement à l'impopularité de toute philosophie spéculative quelle qu'elle soit, et en quelque manière qu'elle soit traitée, dans un pays où la structure et la tendance de la société impriment à toute l'activité de la nation une direction presque exclusivement pratique. Mais quelles qu'aient été les fortunes immédiates de ses livres, pas un homme de curiosité éclairée ne regardera l'auteur lui-même sans une nuance d'intérêt profond. Mesuré à une seule évaluation du pouvoir – au nombre des livres écrits directement pour ou contre lui, pour ne rien dire de ceux qu'il a indirectement modifiés – il n'y a point d'écrivain philosophique, si l'on excepte Aristote, Descartes et Locke, qui puisse prétendre approcher de Kant par l'étendue et la hauteur d'influence qu'il a exercée sur les esprits des hommes. Tels étant les droits qu'il a à notre attention, je répète qu'il n'y aura de la part du lecteur qu'un acte raisonnable de respect à admettre en lui-même assez d'intérêt à Kant