: George Sand
: La Mare au Diable
: Booklassic
: 9789635246922
: 1
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:
: Erzählende Literatur
: French
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Un jeune veuf, Germain, vit avec ses beaux parents et ses trois enfants. Son beau-père le pousse à se remarier pour le bien des enfants. Germain accepte de rendre visite à une veuve d'une région voisine qui cherche un nouvel époux.
Il accepte d'accompagner Marie, une jeune fille qui a trouvé une place dans une ferme de la même région. Un des enfants de Germain, Petit-Pierre, a réussi à les suivre. Marie s'occupe de lui comme une vraie mère.
Alors qu'un orage éclate, ils se réfugient dans la forêt et campent au bord d'une mare. Marie et Germain discutent, se confient et se rapprochent l'un de l'autre dans ce lieu d'enchantement... (extrait Wikipedia)

IV. Germain le fin laboureur


– Oui, j’ai quelqu’un en vue, répondit le père Maurice. C’est une Léonard, veuve d’un Guérin, qui demeure à Fourche.

– Je ne connais ni la femme ni l’endroit, répondit Germain résigné, mais de plus en plus triste.

– Elle s’appelle Catherine, comme ta défunte.

– Catherine ? Oui, ça me fera plaisir d’avoir à dire ce nom-là : Catherine ! Et pourtant, si je ne peux pas l’aimer autant que l’autre, ça me fera encore plus de peine, ça me la rappellera plus souvent.

– Je te dis que tu l’aimeras : c’est un bon sujet, une femme de grand cœur ; je ne l’ai pas vue depuis longtemps, elle n’était pas laide fille alors ; mais elle n’est plus jeune, elle a trente-deux ans. Elle est d’une bonne famille, tous braves gens, et elle a bien pour huit ou dix mille francs de terres, qu’elle vendrait volontiers pour en acheter d’autres dans l’endroit où elle s’établirait ; car elle songe aussi à se remarier, et je sais que, si ton caractère lui convenait, elle ne trouverait pas ta position mauvaise.

– Vous avez donc déjà arrangé tout cela ?

– Oui, sauf votre avis à tous les deux ; et c’est ce qu’il faudrait vous demander l’un à l’autre, en faisant connaissance. Le père de cette femme-là est un peu mon parent et il a été beaucoup mon ami. Tu le connais bien, le père Léonard ?

– Oui, je l’ai vu vous parler dans les foires, et à la dernière, vous avez déjeuné ensemble ; c’est donc de cela qu’il vous entretenait si longuement ?

– Sans doute ; il te regardait vendre tes bêtes et il trouvait que tu t’y prenais bien, que tu étais un garçon de bonne mine, que tu paraissais actif et entendu ; et quand je lui eus dit tout ce que tu es et comme tu te conduis bien avec nous, depuis huit ans que nous vivons et travaillons ensemble, sans avoir jamais eu un mot de chagrin ou de colère, il s’est mis dans la tête de te faire épouser sa fille ; ce qui me convient aussi, je te le confesse, d’après la bonne renommée qu’elle a, d’après l’honnêteté de sa famille et les bonnes affaires où je sais qu’ils sont.

– Je vois, père Maurice, que vous tenez un peu aux bonnes affaires.

– Sans doute, j’y tiens. Est-ce que tu n’y tiens pas aussi ?

– J’y tiens si vous voulez, pour vous faire plaisir ; mais vous savez que, pour ma part, je ne m’embarrasse jamais de ce qui me revient ou ne me revient pas dans nos profits. Je ne m’entends pas à faire des partages et ma tête n’est pas bonne pour ces choses-là. Je connais la terre, je co